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Ces deux hommes, ce sont des hommes de la frontière. L'Europe est faite par les hommes de la frontière, car la frontière c'est la cicatrice de l'histoire et nous sommes là pour ne jamais la rouvrir.
Puis j'ai pensé à vous trois. À vous, Monsieur le Président, le stylo de la paix, car vous êtes de ma génération, vous êtes de l'Europe pacifiée, après l'Europe embrasée, avec votre blessure personnelle. Et vous, Madame la Chancelière, vous êtes, pour moi Français, la Chancelière qui vient d'au-delà du mur. Un cheminement de touriste, aujourd'hui, une barrière d'autrefois. Et vous, Monsieur Barroso, vous êtes le Président de la liberté retrouvée, à 18 ans, un peu gauchiste sur les bords, mais vous avez changé.
En vous regardant tous les trois ‑ j'aime bien cette déclaration, et puis c'est un anniversaire ‑ je me suis dit: ils ont quand même un défaut, ils ne sont pas socialistes. Mais je me suis rappelé ce que disait Guy Mollet, Président du Conseil socialiste en 1956: n'attendez pas que l'Europe soit socialiste pour la faire!
Là, c'est sacrément bien fait! |