Je développe dans mon rapport les conséquences des modifications démographiques c'est à dire :
la diminution de la population active,
le nombre croissant de personnes très âgées,
les déséquilibres démographiques au niveau des régions d'Europe.
Est ce dire qu'il est impossible d'agir sur les causes?
Le XXème siècle a connu deux progrès majeurs :
- d'abord les femmes ont accédé à l'éducation et à la formation au même titre que les hommes,
- ensuite les femmes ont gagné la maitrise de leur fécondité par la contraception.
Ce sont deux facteurs de l'émancipation féminine.
Ceci est un grand progrès de l'Humanité, je l'espère irréversible
Toutefois, pour avoir en main, tous les éléments d'analyse, il faut dans le même temps, ajouter deux choses
1° Toutes les études montrent que les citoyens européens souhaitent plus d'enfants qu'ils n'en ont réellement.
2° Dans les Etats membres où le taux d'emploi des femmes est important, le taux de natalité est aussi élevé.
Avoir une vie professionnelle active n'empêche pas d'avoir des enfants à conditions de permettre une bonne conciliation vie professionnelle et vie familiale pour toutes et tous, hommes et femmes.
Beaucoup de progrès reste à réaliser dans ce domaine pour tous les E M
Un autre point est apparu au cours de nos débats que personne ne conteste au fond: l'insécurité économique, la crainte de l'avenir sont des facteurs important de baisse de la natalité.
Quand il est difficile de se projeter à 10 ans, 5 ans parfois même un an, on hésite à avoir des enfants.
Ce point est essentiel et je crois que la baisse de la natalité qu'enregistre l'union européenne est une alerte sérieuse: nos concitoyens ont besoin, pour reprendre confiance en l'avenir, de retrouver la sécurité de l'emploi et des conditions de vie dignes.
Voilà pour les causes du déclin démographique. Qu'en est-il des conséquences?
La conséquence principale est la diminution de la population active qui passerait de 331 millions vers 2010 à environ 268 millions en 2050.
Comment maintenir la croissance européenne, sa compétitivité avec une population active réduite?
Dans ce domaine que le titre de la Communication prend tous son sens et toute sa force: transformer un défi en opportunité.
L'Europe souffre aujourd'hui de taux de chômage encore très élevés et des marges de progrès très importantes existent pour améliorer les taux d'emploi des femmes, des jeunes jusqu'à 25/30 ans et des séniors pour qui le taux d'emploi chute de façon spectaculaire à partir de 52/55ans.
L'opportunité de ce défi démographique c'est que l'objectif de plein emploi devient vraiment réaliste, réalisable et nécessaire.
Nous devons pour cela, mettre en œuvre une vraie politique de gestion de la ressource humaine et une réelle politique d'éducation et de formation tout au long de la vie.
Toute la vie, cela veut dire aussi pour les salariés après 50ans qui cumulent un grand nombre de discriminations: discrimination à l'embauche, à la formation, à la promotion professionnelle.
Dans mon rapport, je propose la notion de « cycles de vie active » pour insister sur la nécessité de considérer la période de la vie active d'environ 40ans. (La durée est bien sûr de la compétence des Etat membre) comme un enchainement continu d'emplois, de formations, de requalifications, de promotions possibles du début jusque à la fin de la vie active.
Avant d'envisager de reculer l'âge du droit à la retraite, il faut s'assurer de tous ceux qui n'ont pas encore atteint cet âge, ont la possibilité de travailler, de faire valoir leurs compétences et leurs expériences professionnelles.
C'est parce que cet âge légal existe, qu'il peut être envisagé de travailler au delà,
Selon des modalités que chaque Etat membre définit selon ses traditions de dialogue et de concertation: sur ce point, le débat reste ouvert surtout au niveau des E M.
Dernier point que je voudrais aborder dans cette présentation: l'immigration.
On parle beaucoup du recours à l'immigration pour compenser la baisse de la population active dans l'union Européenne et vous savez que l'immigration suscite aussi beaucoup de crispations.
Je préconise sur cette question de l'immigration, une approche sereine et raisonnée.
L'immigration dans l'Union européenne n’est pas un fait nouveau.
Avec un solde positif de 2 millions d'immigrés par an, chiffre stable depuis plusieurs années, l'immigration légale contribue à la population active de l'UE.
Elle contribue aussi à la composition des sociétés européennes.