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L'aide de l'Union a baissé en 2007, pour la première fois depuis l'an 2000.
C'est un message politique déplorable que nous adressons aux pays et aux populations du Sud, au moment où les plus fragiles d'entre eux sont touchés de plein fouet par la crise alimentaire.
L'engament de l'UE doit être réaffirmé avec force, et avec un calendrier contraignant, lors du prochain Sommet européen de Bruxelles (juin 2008).
Car nous avons une double responsabilité en matière de solidarité internationale :
- le respect de la parole donnée,
- et la garantie que notre aide contribue concrètement et efficacement à combattre la misère.
C'est là tout l'enjeu de la mise en œuvre de ce 10è FED.
Avec près de 22,7 milliards d'euros pour les 6 prochaines années, il est un atout majeur entre les mains de l'UE pour combattre la pauvreté et construire un monde plus juste.
1 - C'est pourquoi nous sommes très inquiets des retards de la procédure de ratification.
Certes, la Commission a pris des engagements pour garantir provisoirement la continuité des financements, mais la situation pourrait très vite devenir intenable pour les pays d'Afrique les plus fragiles.
2 - Notre 1ère priorité pour ce 10è FED, c'est son contrôle démocratique.
Contrôle démocratique du Parlement européen d'abord, avec la budgétisation du FED.
Ne ratons pas, cette fois, l'échéance de la révision des perspectives financières en 2010.
Contrôle démocratique des Parlements nationaux avec un renforcement des programmes de soutien aux capacités.
3 - Nous souhaitons que l'éducation et la santé soient des domaines d'action prioritaires, avec 20% des crédits du FED.
Or il n'est prévu de leur accorder que 6,1% (un chiffre en baisse par rapport au 9e FED !)
La Commission affirme qu'elle atteindra les 20% grâce à l'appui budgétaire. Nous la prenons au mot.
4 - Le rapport souligne des insuffisances sur la question de genre, qui n'est pas à ce jour un domaine d'action à part entière.
Il nous faut réouvrir ce débat, en concertation avec nos partenaires ACP, leurs parlements et leurs sociétés civiles, lors de la révision à mi-parcours en 2010.
5 - Quant à l'appui budgétaire, c'est un bon instrument, à condition de respecter : démocratie, bonne gouvernance et coordination entre donateurs.
Et parce que nous croyons que l'appui budgétaire doit servir les OMD, nous encourageons la Commission à avancer sur cette voie avec ses "contrats OMD".
6 - Sur la nouvelle "tranche incitative" prévue dans le 10e FED, nous disons :
OUI à une "prime" à la bonne gouvernance,
Mais NON à un "profil de gouvernance" qui ferait la part trop belle aux priorités du Nord : terrorisme, immigration...
7 - Nous serons tout aussi vigilants sur la question du financement des Accords de Partenariat Economiques (APE).
Là encore, l'Union et les Etats membres ont pris un engagement : 2 milliards d'euros "d'aide au commerce" additionnelle d'ici 2010.
Mais il semble que ces 2 milliards aient depuis fondu comme neige au soleil...
Et la Commission a déjà prévu de financer les APE sur les "programmes intégrés régionaux" (PIR).
Elle doit clarifier ses intentions à ce sujet, car les crédits FED ne sauraient en aucun cas servir de "prime" à la signature d'un APE.
8 - Le rapport insiste sur bien d'autres points.
J'aimerais en citer deux avant de conclure.
- D'abord sur la "facilité de soutien à la paix pour l'Afrique":
Bien sûr nous devons soutenir les efforts de l'Union africaine pour la paix et la prévention des conflits sur le continent.
Mais cette facilité est un instrument de la PESC. Elle doit donc être financée sur les crédits PESC.
- Ensuite sur les cofinancements, dont ce rapport demande une première application concrète : la création d'un "fonds panafricain de développement", cofinancé sur le FED et l'instrument de voisinage, pour donner corps au partenariat politique global, de continent à continent, inscrit dans la nouvelle stratégie UE-Afrique.
-oOo-
Monsieur Michel, vous avez déclaré : "Nous sommes la première génération à pouvoir regarder l'extrême pauvreté en face et dire avec conviction : nous avons l'argent, nous avons les médicaments et nous avons le savoir faire.
Le véritable défi est notre capacité à mobiliser la volonté politique nécessaire pour tenir nos promesses."
Vous pouvez compter sur le soutien de ce Parlement. |