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La crise que traverse ce pays depuis plusieurs mois va bien entendu au-delà des enjeux d'une simple élection présidentielle ou de la formation d'un gouvernement. Nous savons que ce sont les fondements même du système politique qui sont en cause, basés sur des équilibres subtils entre les différentes confessions de la mosaïque libanaise.
Ce qui se joue aussi, c'est la place que compte prendre le Liban sur l'échiquier régional. Veut-il être un porte-avions des États-Unis et de leurs alliés dans la région ou le poste avancé d'un prétendu croissant chiite? En réalité, pour moi, le Liban n'a pas à choisir entre l'axe américain et l'axe syro-iranien. Le seul camp viable pour le Liban, c'est le camp du Liban lui-même.
L'Union européenne n'a certes pas à s'ingérer dans les affaires intérieures du Liban. Elle n'a pas à soutenir une coalition plutôt qu'une autre. Ce que peut faire l'Union européenne, c'est se poser en médiatrice, c'est aider les parties libanaises à retrouver un minimum de confiance entre elles, préalable à tout accord, c'est proposer ses bons offices pour lancer une dynamique propre à l'entente et au compromis.
Nous avons raison de soutenir le plan de la Ligue arabe basé sur un triple consensus: un président, un gouvernement d'union nationale, une réforme de la loi électorale garantissant une représentation équitable des composantes de la société libanaise. C'est la condition sine qua non pour que voie enfin le jour la déconfessionnalisation politique prévue par les accords de Taëf et souhaitée par une majorité grandissante de Libanais.
Nous devons soutenir toute initiative allant dans ce sens et, à cet égard, la proposition de Nabih Berri, président du parlement libanais, qui se propose de relancer le dialogue national, est un signal positif. Comme nous le faisons depuis des années, nous devons continuer à soutenir un Liban qui se conçoit lui-même comme souverain, uni, et enfin en paix avec lui-même. |