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J'aimerais ensuite évoquer la pénurie de lait actuelle qui est certes due à une augmentation de la demande mondiale mais aussi à une diminution de l'offre qui aurait pu être anticipée car à mon avis, prévisible.
En effet, du fait de la réforme de la PAC et de la baisse du prix payé aux producteurs de lait, certains éleveurs se sont débarrassés d'une partie de leurs vaches laitières pour s'orienter vers la viande bovine comme en France, ou ont carrément délaissé l'élevage bovin pour les cultures céréalières comme en Allemagne.
Ainsi il manque à la France 100 000 vaches laitières pour remplir son quota et 1 milliards de litres de lait serait nécessaire dans l'UE pour satisfaire la demande européenne.
Cette pénurie a déjà et va avoir une répercussion importante sur les prix du lait et donc des fromages, des yaourts, de la crème et de nombreux autres produits alimentaires et va s'ajouter à la hausse des prix d'autres denrées alimentaires de première nécessité (céréales, alimentation animale et donc viande etc...)
Les consommateurs vont en être les 1ères victimes dans un contexte de précarité déjà inquiétant.
Il me paraît donc nécessaire :
- de mettre en place des instruments de stabilisation des prix et notamment, dès que possible, de reconstituer de nouveaux stocks pour sécuriser le marché
- d'augmenter le prix du lait payé aux producteurs afin de les encourager à maintenir et à augmenter leur production et de les aider à faire face à l'augmentation des prix des aliments pour le bétail
- d'encadrer mieux les circuits de commercialisation et de distribution afin d'éviter des différentiels de prix trop importants entre production et distribution
- d'augmenter les quotas européens de production de lait le plus rapidement possible
- d'évaluer l'OCM lait lors du Bilan de santé de la PAC en 2008, à la lumière de la pénurie actuelle, et avant d'envisager la suppression des quotas laitiers.
Je voudrais enfin évoquer la situation encore plus difficile des producteurs de lait en zone de montagne dont les coûts de production sont plus élevés et l'approvisionnement et la distribution plus difficiles. Qui plus est, ils font face dans certains pays, dont la France, à une réduction des aides à la collecte qui compensaient une partie de la différence du surcoût de ramassage entre les zones de montagne et les zones de plaine. Or, la production de lait est une des filières qui contribue le mieux à l'entretien des espaces et à l'aménagement du territoire notamment dans les zones difficiles. J'espère donc que l'on prendra vraiment en compte les spécificités des zones de montagne lors des futurs débats sur le Bilan de santé et la nouvelle PAC. |