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Grandes orientations de la politique économique pour 2007

Harlem Désir (PSE) - le 14 février 2007

Monsieur le Président, Monsieur le commissaire, Monsieur le Président du Conseil, je voudrais d'abord féliciter le rapporteur pour son travail; je crois que ce rapport présente à la fois une analyse et des recommandations que mon groupe peut totalement soutenir.


Je voudrais souligner simplement trois aspects. La situation de la zone euro en matière de croissance et de compétitivité s'améliore. Mais comme le dit le rapport, et c'est une première remarque, il y a des différences très importantes entre les États membres. Je pense qu'on doit essayer d'en tirer des leçons, en tout cas de comprendre pourquoi il en est ainsi. Les choses ne sont pas toujours faciles; de nombreux éléments interviennent. Le rapport fait notamment mention de la différence entre la situation d'un certain nombre de grands États membres et celle de plus petits États membres, mais finalement c'est plus compliqué que cela puisque, parmi les grands États membres, on constate aussi des différences de résultats très spectacultaires. L'Allemagne est dans la moyenne, avec 2,7% de croissance l'an dernier, ce qui est un très bon résultat au regard des années précédentes. Mais d'autres grands États membres, comme l'Italie, mais aussi mon pays, la France, avec 2%, passent en dessous de la moyenne de la croissance de l'Union européenne, ce qui n'était pas le cas jusqu'à il y a deux ans.

Cela se combine avec d'autres éléments qui sont assez inquiétants, puisque, en matière de commerce extérieur, les différences sont tout aussi spectaculaires. L'Allemagne bat à nouveau des records et montre une capacité à conquérir des marchés internationaux, alors que la France, qui a été pendant très longtemps un pays présentant un très fort excédent de commerce international, est en train d'enchaîner, trimestre après trimestre, des déficits commerciaux records.

Il est vrai que les pays scandinaves, les Pays-Bas, et un certain nombre de petits États, ont obtenu de bons résultats, à la fois en terme de croissance, d'emploi, de commerce international. Il y a là une première leçon à tirer, que je conçois peut-être à l'aune de la situation nationale qui est la mienne. C'est que, dans un pays où depuis cinq ans, on enchaîne des réformes structurelles, disons libérales, où on nous a expliqué que ce qui allait nous permettre de sortir de la crise, et de la crise du chômage en particulier, c'était de baisser les impôts, l'impôt sur les sociétés, l'impôt sur les revenus, de mettre en cause un certain nombre de protections sur le marché du travail – on a eu un contrat "nouvelle embauche", qui a fragilisé les protections face aux licenciements, etc...–, d'affaiblir les services publics, de privatiser, nous n'avons obtenu aucun résultat. Et, a contrario, certains pays qui gardent des taux de prélèvement obligatoires, des coûts du travail plus élevés que la France, affichent, quant à eux, des résultats importants.

J'en tire une deuxième leçon, c'est que, non seulement cette recette n'a pas été efficace, mais qu'il est faux de penser que l'Europe s'en tirera si elle pratique la compétition par le bas. Ce n'est pas en pratiquant une compétition fondée sur des faibles coûts que l'Europe réussira à tirer son épingle du jeu, mais bien en investissant dans la ressource humaine, dans l'innovation, dans la recherche, dans la formation, dans l'université.

La troisième remarque, et le rapport le note, à juste titre, c'est que, malgré cette amélioration globale de la croissance, des résultats économiques, la pauvreté continue à représenter un problème. Même par rapport aux années 90, on a à nouveau une hausse du niveau de pauvreté, au sein de l'Union européenne. Il y a, en fin de compte, 80 millions d'Européens qui vivent en-dessous du seuil de 60% du revenu moyen.

Et à ce propos, je crois que nous devons aussi tirer une leçon de ce qui s'était passé sous Clinton aux États-Unis, qui ont alors connu un boom avec la nouvelle économie, qui n'a pas empêché en même temps une très grande pauvreté de continuer à empoisonner en quelque sorte la société, parce que les programmes du Welfare n'avaient pas pu être mis en œuvre. Nous devons nous aussi combiner investissements et économie de la connaissance, économie compétitive et cohésion sociale. L'un et l'autre vont de pair et se soutiennent mutuellement.


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