|
Je regrette que notre résolution réduise les causes de la guerre israélo-libanaise au conflit israélo-palestinien. On ne peut pas aller avec des idées simples vers l'Orient compliqué, disait le général de Gaulle, et c'est le message que je veux aussi faire passer d'une certaine manière.
Je souhaite, comme nous tous, la résolution du conflit israélo-palestinien, mais croyez‑vous vraiment que cela résorbera les tensions interlibanaises, stoppera les ingérences syriennes et les ambitions iraniennes? Et le Hezbollah sera-t-il pour autant désarmé?
C'est l'insécurité et les souffrances grandissantes de la population israélienne de Galilée qui ont déclenché les hostilités contre le Hezbollah. Or, cet état de menaces permanentes n'a pas été seulement nourri par le conflit israélo-palestinien mais surtout par les tirs incessants de roquettes du Hezbollah sur le Nord d'Israël.
Les peurs d'Israël sont d'autant plus grandes que ces milices du Hezbollah sont armées par un Iran puissant dont le Président démocratiquement élu n'a de cesse de déclarer sa volonté de rayer Israël de la carte, et on doit désormais le prendre au sérieux. Ce que je fais, pour ma part. Par conséquent, je pense qu'il ne faut pas mélanger les deux causes.
Au Nord, il s'agit pour le Liban de recouvrer sa souveraineté, d'écarter les ingérences de ses différents voisins et, pour Israël, de garantir sa sécurité. Tandis qu'au Sud, il s'agit de créer un État palestinien indépendant, dans des frontières sûres, et qui puisse coexister durablement en paix avec son voisin, Israël. |