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On peut se demander pourquoi elles ne dénoncent pas leurs proxénètes. Elles sont tenues par l’amour mais le plus souvent par la peur. Ces femmes désemparées assument ainsi ce cauchemar car elles n’ont plus aucun choix.
Il existe pour certains, une face presque aimable de la prostitution. Pourtant, nous voyons aujourd'hui de plus en plus des esclaves d’un nouveau genre arpenter nos trottoirs sans les voir.
Si la fille ne travaille pas assez, elle subit une avalanche de sévices. Le proxénète la maintient dans une pression constante pour l’inciter au rendement. Si la prostitution est légale, il la défend, la met en relation avec des tenanciers d’établissements, et lui impose de se plier aux demandes du milieu auquel il appartient. Il utilise, pour parvenir à ses fins, la séduction, la menace et les violences. La victime est contrainte, à remettre ses gains, directement ou par personne interposée.
Objets de violences, ces jeunes femmes doivent régler des dettes importantes pour couvrir le coût de leur voyage et de leurs documents d’identité. En séjour clandestin le plus souvent, privées de leur argent, elles n’ont aucune perspective d’amélioration de leur situation. Quand elles s’opposent à la pression des trafiquants, elles, leurs enfants ou leurs familles sont menacées. Cette situation sans issue et la nature du milieu dans lequel elles “travaillent ” les font souvent sombrer dans la toxicomanie.
Personne ne peut se laver les mains de cette tragédie. Nous avons un devoir, c’est le devoir de lutter contre cette infamie comme d’autres ont lutté contre l’esclavagisme, contre le racisme, contre l’enfermement arbitraire…Ce débat nous concerne tous, dans tous les pays européens. |