|
Nous parlons de femmes et d'hommes, souvent accompagnés d'enfants, qui ont pris la décision pénible de quitter leur pays. Ils fuient la misère, le dénuement ou la violence. Tout ce qu'ils veulent, c'est vivre dans la paix et dans la dignité, et notre politique européenne actuelle d'asile et d'immigration n'a pas su trouver des réponses justes. Notre politique d'asile doit être à la mesure de nos valeurs. Je vous rappelle que le respect de la dignité humaine est le premier article de la Charte des droits fondamentaux.
D'autre part, la réponse au défi actuel est dans la solidarité européenne. Il est inacceptable que nous laissions les pays situés aux frontières de l'Europe gérer seuls ces situations. Nous devons nous donner les moyens de lutter contre les formes de destruction qui menacent la planète: la guerre, le terrorisme, la pauvreté et le sous-développement, sans oublier ces autres formes de destruction que sont, entre autres, le mépris des droits de l'homme, la montée des intolérances identitaires et xénophobes.
Affirmons-le, nous avons la capacité, avec la volonté et l'aide des instruments de la politique, de contribuer à enrayer les phénomènes qui apparaissent actuellement comme les plus menaçants pour la destinée de l'humanité. La réponse est là. La consolidation de la paix et l'élimination de la pauvreté sont étroitement liées. La sécurité économique de chaque personne est une composante fondamentale de la culture et de la paix. L'élimination de la pauvreté porte essentiellement sur le développement des ressources humaines, sur la juste répartition de ces ressources et doit s'accompagner d'efforts en matière d'éducation. Pas de paix sans réduction de la pauvreté, pas d'immigration contrôlée sans réduction de la pauvreté.
L'Europe forteresse n'existe pas, c'est un fantasme. Nous devons comprendre, rapidement, qu'il est nécessaire de faire preuve de solidarité avec les pays en voie de développement et qu'il est nécessaire d'agir pour la paix et la prospérité partout dans le monde. Cela, ce n'est pas un fantasme, ce n'est pas une utopie: il faut de la volonté et les moyens de cette volonté. |