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Monsieur le Commissaire, Monsieur le Président, il s'agit ici d'un cas d'école témoignant de la difficulté politique qu'il y a à prendre des décisions qui sont lourdes de complications à court terme et dont l'importance des effets positifs ne peut être visible que 10 ou 15 ans plus tard. C'est pourquoi je vous adjure d'accorder beaucoup d'importance et de temps à la tâche d'explication. Il faut rendre publiques, bien sûr, les difficultés, comme cette déclaration unilatérale turque sur Chypre qui vient d'être évoquée, comme les récents cas de condamnation pour délit d'opinion.
Mais il faut insister aussi sur les progrès réalisés et sur l'explication des retards. Ainsi, je ne peux pas ne pas penser que la déclaration sur Chypre, que nous regrettons, soit une réponse de la Turquie attendue par son opinion, au rejet des Chypriotes grecs du projet de solution de l'ONU. Cela n'excuse rien mais amène à mieux comprendre les choses et surtout, à saisir d'urgence l'ONU quant à la nécessité d'intensifier ses travaux et de reprendre sa médiation. Et puis surtout il faut insister nettement plus que ce n'est fait aujourd'hui sur le sens de la conférence universitaire qui s'est tenue à Istanbul tout récemment, sur le problème arménien. C'est un tabou qui est enfin tombé; il a fallu l'engagement très ferme du premier ministre. Ca ne veut pas dire que l'opinion turque soit prête dès maintenant à la reconnaissance, mais au moins c'est une étape essentielle qui commence.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, le processus échouera si les négociations que vous conduisez et les progrès qu'elles engendrent sont passés sous silence. Décrivez, expliquez‑vous, il vous faut lutter sur deux fronts! Le front de vos partenaires turcs, et celui de l'opinion publique européenne. Combattez sur les deux et ne l'oubliez jamais! |