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Banque centrale européenne (2004) / Stratégie d'information et de communication concernant l'euro et l'UEM

Pervenche Berès (PSE) - le 4 juillet 2005

Monsieur le Président, Monsieur le Président de la Banque centrale, Monsieur le Commissaire, je crois que l'examen du rapport annuel de la Banque centrale européenne est l'occasion d'examiner la cohérence de la politique monétaire menée au nom de l'ensemble de la zone euro par la Banque centrale européenne. De ce point de vue, on est quand même conduit à s'interroger aujourd'hui sur ce que les économistes appellent l'équilibre du policy mix.


Il y a quelque chose qui ne doit pas fonctionner avec ce fameux policy mix puisque la croissance n'est pas au rendez-vous. Concernant la politique de la Banque centrale, pendant très longtemps, nous nous sommes surtout attachés à la nécessité d'installer l'autorité et la légitimité de la BCE, d'établir la confiance dans les décisions prises par elle: il s'agissait, d'une certaine manière, je dirais, d'une quête institutionnelle. Nous devons, me semble‑t‑il, en arriver aujourd'hui à l'âge de la maturité et cesser de simplement renvoyer la faute aux gouvernements qui tardent à mettre en oeuvre les réformes structurelles, faute de quoi nous ne ferons pas avancer le débat. Or, il faut avancer pour retrouver croissance et emploi.

De ce point de vue, je voudrais faire trois observations. Premièrement, Monsieur le Président de la Banque centrale, on me dit que la qualité de votre écoute, de votre contribution aux travaux des ministres de l'économie et des finances de la zone euro est très grande et que ceux‑ci sont heureux de vous avoir à leurs côtés lorsqu'ils débattent de la situation dans la zone. Je crois cependant que le dialogue comporte une idée de réciprocité et que si vous intervenez sur la réforme du pacte, sur les réformes structurelles nécessaires, il faut que, dans l'autre sens, certains puissent vous dire ce qu'il en est de la politique monétaire.

Deuxièmement à propos du mode de décision, je rejoins les observations de mon collègue Wolf Klinz. Vraisemblablement, le mode de décision qui a été inscrit dans les traités est le bon. Néanmoins, depuis le début, ce Parlement, vous le savez, demande la transparence, ou en tout cas des informations, sur la nature des débats au sein du Conseil des Gouverneurs et je crois que cette demande est légitime. En l'absence des informations nécessaires en effet, on a l'impression que c'est peut être l'absence de consensus entre les membres du Conseil des Gouverneurs qui interdit la prise de décision et paralyse l'évolution des choses.

Avec votre autorisation, Monsieur le Président, je ferai une troisième observation en quelques mots. Il s'agit de l'évaluation de la politique et de la situation économiques. La Banque centrale est trop obsédée par la réforme structurelle, sans réaliser qu'il n'y aura pas de réforme structurelle sans croissance. De ce point de vue, les objectifs en termes d'inflation, tels qu'ils ont été évalués au début de la période, devraient peut‑être être révisés. Peut-être devriez-vous lancer des consultations pour que, demain, on dispose d'une évaluation de l'inflation plus en phase avec les besoins d'une économie qui doit assumer des coûts de transition, lesquels ne doivent pas être à la charge des générations futures, mais bien à leur bénéfice puisque, sur la base de la croissance impulsée, elles pourront financer le remboursement de cette inflation.


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