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Pour commencer, le consensus qui se dégage au sein de ce Parlement, autour de l'orthodoxie monétaire de la BCE peut légitimement vous réjouir. Ensuite, à constater à quel point le rapport de M. Lauk s'aligne sur vos recommandations et souligne le pouvoir politique de fait de la BCE, vous devez être comblé! Vous n'avez rien à craindre des représentants de ce Parlement car ils sont les zélés défenseurs des recettes que vous préconisez et qui ont pourtant, avec une tragique constance, échoué à rétablir croissance et confiance en Europe.
Alors, réjouissez-vous! Le rapport de M. Lauk propose mieux que les réformes des systèmes de protection sociale que vous conseillez, mieux que la modération salariale que vous suggérez, mieux que la réduction de la dépense publique que vous surveillez. Il appelle à une augmentation de la durée du travail en Europe.
C'est mon premier mandat dans ce Parlement. En ma qualité de membre de la commission des affaires économiques et monétaires, je suis intervenu plusieurs fois dans cet hémicycle pour m'inquiéter, dans le vide, des mauvais résultats économiques et sociaux des orientations économiques arrêtées par la Commission et par votre institution. J'observe au passage que ceux à qui ce rapport va imposer la charge d'une durée de travail supplémentaire ont été plus efficaces que vous à lutter contre la surévaluation de l'euro en votant non, en France et aux Pays-Bas, à la politique que vous soutenez.
Je suis un fervent partisan de l'Europe, favorable à ce titre à la stabilité monétaire et je défends avec conviction une convergence plus forte des économies européennes, mais je vous invite à reconnaître qu'il n'existe pas une seule politique économique et monétaire possible et à vous souvenir que l'évaluation de l'efficacité de votre mandat se mesure d'abord dans la vie quotidienne des Européens et dans ce qu'ils en disent. |