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Programme de la présidence britannique

Bernard Poignant (PSE) - le 23 juin 2005

Monsieur le Président, je suis français, mais je viens de Bretagne, la petite, et je viens même de Cornouaille, comme la Duchesse Camilla. Je suis donc un peu pardonné, Monsieur le Président. On vous a parlé de la guerre de Cent ans. On vous a même dit de faire le Tour de France, même si c'est un Américain qui va le gagner. Moi je vous dis: "Faites de votre présidence Austerlitz et pas Waterloo." Quand l'Europe connaît une crise, elle parle toujours de ses valeurs. La grande crise, c'est la guerre. La grande valeur, c'était le pardon. Le pardon a fait les traités des années cinquante


L'autre crise de l'an 2000, c'est la grande Europe. C'est l'après-guerre froide. La grande valeur, c'est le partage. Et si l'on veut parler aux populations du chèque britannique, du chèque ceci, d'accord. Parlons des valeurs et ensuite déclinons les politiques.

C'est vrai pour l'emploi, notamment pour ceux qui n'en ont pas, sans casser le droit du travail. Le partage est vrai pour ceux qui viennent de rentrer dans l'Union et ceux qui vont y entrer. Ils ont besoin de notre concours. C'est vrai pour les pays du Sud. Bravo pour l'annulation de la dette des pays pauvres. C'est vrai pour la politique agricole commune, car, moi, je ne suis pas très content qu'à peu près un quart des agriculteurs français empochent trois quarts de l'argent européen. Si vous pouviez mettre de l'ordre là-dedans, je vous dis "Chapeau". Il n'y a pas que le duc de Bedford; nous aussi, on a nos petits ducs, en l'occurrence.

Or, vous ne ferez pas tout ça avec 1 %; c'est trop court. Le compte bancaire n'est pas assez approvisionné. Je vous suggère donc de faire le voyage de Paris. Allez voir Chirac. Payez-lui une tête de veau. Vous verrez, vous allez vous réconcilier. Mais l'un et l'autre, et avec quatre autres partenaires, mettez un peu plus, sinon, vous verrez, c'est le "chacun pour soi" qui reprendra du poil de la bête. Et ça, il ne le faut pas.


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