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Monsieur le Président, Monsieur le ministre, Monsieur le commissaire, j'aime bien ce rapport Laschet. Je suis heureux, en ces jours noirs de l'Europe, de vivre ce moment de convergence rare entre le Conseil, la Commission et notre Parlement. Je suis heureux de saluer l'excellent rapport d'un collègue qui fut, un peu plus que d'habitude, à l'écoute de ses collègues et j'ai honte: nous sommes vingt-cinq en séance, ce qui ne qualifie pas bien nos travaux.
Monsieur le Président, je voudrais vous charger d'un message pour la Présidence. Nous pouvons chercher à réformer les Nations unies, mais il vaudrait mieux commencer par nous réformer nous-mêmes! Je témoigne que nos collègues, nos sept cent et quelques collègues absents ne sont pas en train de faire la sieste: ils travaillent dans leurs bureaux. Notre travail est mal organisé. Il nous faut un ou deux grands débats en séance plénière par mois dans cet hémicycle et, pour le reste, des travaux en commission. Il faut que ces débats aient un honneur. En deux minutes, on ne peut ni analyser ni tenir un raisonnement.
Je vous dirais donc, Monsieur le président en exercice du Conseil - en vous priant de m' excuser de représenter un Parlement pour lequel j'ai un peu honte au fond, - que mon principal souci est que, dans la défense de ce bon rapport et du bon travail que nous accomplissons ensemble en Europe, vous ne vous trompiez pas de cible. Il y a trop de charges, il y a trop de cibles. Il est vrai que l'Europe a des raisons de souhaiter un siège au Conseil de sécurité. Il est vrai que les temps ne sont pas mûrs et que ce n'est guère possible aujourd'hui. Je vous conseillerai de ne pas trop vous en occuper et de vous concentrer sur ce qui est raisonnablement possible, sur ce qui a une portée utile et sur les aspects pour lesquels nos travaux, et notamment le rapport Laschet, sont inventifs. Je citerai l'article 2 et le chapitre VII, concernant la transmission du droit de faire jouer la Charte vers des organisations régionales. Grande novation! Je citerai encore la transformation du Conseil de tutelle en Conseil des États évanouis. Je citerai enfin la création à l'article 17 d'une référence aux biens publics mondiaux. Comme j'ai dépassé mon temps de parole, je m'arrête là.
Tout cela est ridicule, nous disons tous un peu les mêmes choses. Ne vous trompez pas de cible! Jouez les éléments novateurs, et eux seulement, et nous aurons fait du bon travail.
(Applaudissements) |