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Délégation Socialiste Française mercredi 07 janvier 2009 Délégation Socialiste Française
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Forum social mondial

Harlem Désir (PSE) - Forum social mondial

Monsieur le Président, je voudrais d'abord me réjouir qu'un débat avec la Commission, représentée par vous-même, Monsieur le Président de la Commission, puisse avoir lieu dans ce Parlement au lendemain du Forum social mondial et du Forum économique mondial. Je crois que c'est un signe de reconnaissance, par notre Assemblée, du Forum social mondial, qui était présenté par beaucoup, au moment de sa création en 2001, comme un rassemblement de contestation stérile de la mondialisation.


En réalité, les forums sociaux et les mouvements qui les animent ont bouleversé le débat sur la mondialisation. Ils ont popularisé de nombreux thèmes et des propositions positives qui sont aujourd'hui débattues dans toutes les instances internationales, jusque, et de plus en plus, au sein même du Forum économique mondial de Davos. Disant cela, je songe à l'accès aux biens publics mondiaux, à la création de taxes mondiales, à l'annulation de la dette ou encore à la réforme des institutions financières internationales et à leur nécessaire transparence.

Je crois que l'un des autres apports importants des forums sociaux a été d'inscrire la contestation de la mondialisation libérale, des injustices économiques et sociales qu'elle engendre, de ses effets souvent destructeurs sur l'équilibre écologique de la planète, non pas dans l'illusion qu'il fallait trouver des solutions nationales ou souverainistes, non pas dans un refus de l'idée même de mondialisation, mais dans l'idée qu'il fallait transformer la mondialisation, transformer ses règles, ses institutions, pour permettre une autre mondialisation, une mondialisation des solidarités, des conquêtes démocratiques, des droits humains, une mondialisation qui assure le droit de tous les peuples au développement, à la justice et à la paix.

Pour l'Union européenne, cette nouvelle société civile mondiale est un point d'appui, parce que ses aspirations rejoignent des objectifs que l'Union s'est elle-même fixés à l'échelle internationale. Cependant, il ne suffit pas de se réjouir de son émergence, encore faut-il faire écho, concrètement, par nos politiques, par nos décisions, à ce qu'elle réclame, à ce à quoi elle aspire. Donc, nous devons montrer que l'Europe fait la différence, comme vous l'avez dit. Nous devons montrer ­ et nous le faisons dans certains domaines, par exemple avec le Protocole de Kyoto que vous avez rappelé ­ que nous sommes capables, effectivement, de transformer les politiques internationales.

Dans le domaine social comme dans d'autres, ceux dont nous parlions tout à l'heure par exemple, les déclarations d'amour ne suffisent pas, il faut aussi des preuves d'amour. Aujourd'hui, vingt et un États membres n'ont toujours pas tenu leur promesse de porter l'aide au développement à 0,7 % du produit intérieur brut. Aujourd'hui, on parle de taxe mondiale. Je m'en félicite et beaucoup d'États membres ont signé la déclaration de New York de septembre 2004, mais malheureusement on s'abrite derrière le refus de quelques-uns pour ne pas prendre de décision.

Je vous fais donc la proposition suivante. Que l'Union, à travers la Commission, aide ceux des États membres qui veulent s'engager au moyen, s'il le faut, d'une coopération renforcée, pour qu'ils ne restent pas bloqués par la réticence de quelques-uns à mettre en œuvre, dès maintenant, une taxe dédiée au financement international du développement. Elle pourrait servir à la lutte contre le sida, parce qu'un document récent du Conseil montre que si rien n'est fait d'ici à 2010, dans cinq des pays en développement les plus concernés, c'est un cinquième de la population active qui va disparaître. Prenez une initiative, Monsieur le Président de la Commission! Montrez que, effectivement, l'Europe peut passer des déclarations aux actes!


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