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L'essoufflement de ce mouvement était une crainte partagée par nombre de commentateurs et d'acteurs. Tel ne fut pas le cas. Le mouvement altermondialiste a su réorienter son action et définir une nouvelle méthode d'organisation qui a conduit ce Forum social mondial à ne plus être seulement un lieu de revendications, mais aussi un lieu de propositions. D'ailleurs, le fait que le Forum économique de Davos soit saisi de certains thèmes évoqués dans les forums sociaux mondiaux est la preuve que les questions qui y sont posées nous interrogent tous pour savoir quel monde nous voulons.
Mais ni le Forum social mondial, ni le Forum économique de Davos ne sont des acteurs politiques capables de transformer seuls des revendications en décisions politiques. C'est pourquoi une instance comme le Parlement européen se doit d'être un relais et un appui puissant d'un certain nombre d'axes tels que l'annulation de la dette des pays pauvres, l'augmentation et l'amélioration de l'aide publique au développement, la mise en place d'une taxe mondiale, la réforme des règles du commerce international, la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux, la défense des services publics.
Des initiatives ont déjà été prises par un certain nombre de chefs d'État et de gouvernement. D'autres propositions devront être faites au G8. En cette année 2005, qui sera celle de la révision à tiers parcours de la mise en œuvre des objectifs du Millénaire lancés par les Nations unies, tout ceci est une bonne chose pour autant que ce ne soit pas à nouveau des promesses sans lendemain. C'est pourquoi une campagne de mobilisation et d'interpellation est portée cette année par plus de 100 organisations, ONG, associations et syndicats, sur un plan mondial et européen. Elle s'articulera autour du thème du commerce de la pauvreté en particulier, et parmi les nombreuses initiatives, un premier point d'orgue en avril prochain sera une semaine d'action mondiale pour un commerce plus juste.
Au rythme où vont les choses, nous savons déjà que les objectifs du Millénaire ne seront pas atteints. Il nous appartient donc de faire tenir les promesses faites par les uns et les autres, depuis déjà bien longtemps, en soutenant ces initiatives et cette campagne mondiale contre la pauvreté pour affirmer et démontrer notre volonté de mieux partager les richesses, dans un monde démocratique et en paix. Des politiques ont déçu. Ils peuvent encore décevoir, mais en aucun cas, ils ne doivent se couper de l'idée qu'ils doivent eux-mêmes se battre pour un monde plus juste, et traduire cette idée en actes. |