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Visite de Harlem Désir au Centre de Rétention Administrative II de Vincennes le 8 mai 2008 : témoignages
J’ai effectué le 8 mai, avec Patrick Gaubert, une visite parlementaire du Centre de Rétention Administrative II de Vincennes. A cette occasion, le porte-parole des grévistes de la faim Oumar Balli nous a lu un texte au nom des retenus du centre. Lorsque nous avons visité le CRA II la grève de la faim avait cessé. J’ai souhaité mettre en ligne ce témoignage.



Ce texte qu’Oumar Balli nous a lu dans la salle du réfectoire en présence de nombreux retenus rassemblés pour l’occasion est un témoignage des conditions tant matérielles, sanitaires et psychologiques que juridiques dans lesquelles sont retenus ces hommes qui, rappelons-le, n’ont été condamnés pour aucun crime mais sont en infraction à la législation sur le séjour.
Leurs situations au regard du séjour sont d’ailleurs extrêmement différentes et nous avons trouvé au CRA II comme au CRA I à la fois des hommes qui avaient été interpellés dans des gares alors qu’ils venaient d’arriver en France quelques jours auparavant et tentaient de rejoindre un autre pays, sans attaches particulières en France, et d’autre part des personnes vivant en France depuis 8 ou 10 ans, y travaillant, dont les enfants, l’épouse vivent en France, qui sont parfaitement intégrés et ne posent aucun problème d’insertion, ni trouble à l’ordre public. Des familles viennent d’ailleurs chaque jour au centre pour les visiter.

Aux conditions de rétention indignes de notre pays s’ajoute donc une injustice manifeste dans le traitement de leurs situations de séjour en France.

La simple humanité, pour ne pas dire le bon sens, justifierait un réexamen approfondi de leurs dossiers et la prise en compte de l’insertion tant économique que sociale et familiale d’une grande partie des personnes retenues.

Tous les retenus, en attente de reconduite à la frontière, passent bien devant un juge, le juge des libertés et de la détention, mais celui-ci ne fait que statuer sur la conformité de la procédure et le constat de l’absence de titre de séjour. Ce contrôle, même s’il n’est pas inutile, est purement formel et ne porte pas sur la pertinence de la décision d’expulser et sur le fond du dossier.

La machine administrative tourne ainsi à l’aveugle, sans distinction, sans humanité.

Une procédure de réexamen des dossiers sur le fond par les préfectures, pour autant qu’on leur donne à prendre en considération des critères familiaux, sociaux et de travail, et non des objectifs de chiffres d’expulsions à fournir, devrait être mise en place. La CIMADE, aujourd’hui submergée, devrait pouvoir être épaulée par d’autres associations ou des groupes d’avocats pour constituer et défendre les dossiers auprès des préfectures.

J’ai pensé que ce document, ainsi que le mémorandum et les requêtes de ce groupe de retenus pourraient intéresser le public.

Lire le discours de Oumar Balli, porte-parole des grévistes de la faim
Lire le Memorandum des grévistes de la faim
Lire les requêtes des grévistes de la faim
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