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Il en résulte une situation pour le moins étonnante, où l'Union ne négocie pas avec les pays du Golfe sur la base des mêmes critères qu'avec ses autres partenaires commerciaux, comme la Corée ou les pays membres de l'ASEAN. En particulier, le mandat de négociation ne prévoit l'inclusion dans le futur accord, ni de clauses sur les normes sociales, ni de chapitre ambitieux sur le développement durable. La question du respect des droits de l'Homme est quant à elle à peine évoquée. Parce que ces éléments doivent faire partie des priorités de l'action européenne, ils devraient non seulement être pleinement intégrés au futur accord de libre-échange, mais également faire l'objet de clauses suspensives en cas de non respect des engagements pris.
Il est en effet de la responsabilité de l'Union d'assurer la promotion et le respect des principes démocratiques et des droits de l'Homme, des conventions de l'Organisation Internationale du Travail et des normes environnementales dans l'ensemble des accords commerciaux qu'elle négocie.
Dans le cas des pays du Golfe, une attention particulière doit être portée aux conditions de vie et aux droits des travailleurs migrants, présents en très grand nombre dans la région pour soutenir une croissance rapide, mais travaillant souvent dans des conditions indignes.
Plus généralement, au delà des échanges économiques qui doivent être développés dans le cadre de relations commerciales harmonieuses, l'Europe et ces pays doivent renforcer leur dialogue politique et social. Ainsi, il nous faut mettre en œuvre un accord de libre-échange qui n'ait non seulement pas d'impact négatif sur les populations de cette région, mais qui au contraire consolide leurs droits politiques, économiques et sociaux. C'est pourquoi, il est par exemple indispensable qu'au cours des négociations sur les services, soit respecté la nécessité de garantir des services publics universels, accessibles et durables avec des prix raisonnables et des normes de haute qualité pour tous.
Je vous remercie. |