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Rappelons‑nous ce qui est advenu de l'industrie européenne. Aujourd'hui, la première puissance industrielle européenne à fabriquer du haut de gamme, c'est l'Allemagne. Elle est restée dans le haut de gamme, elle a refusé de niveler par le bas sa production et elle est aujourd'hui le premier pays exportateur du monde, malgré l'arrivée de la Chine et de l'Inde sur la scène internationale.
Je crois que nous ne pouvons pas brader la qualité de notre vignoble et son image de marque. Donc, nous ne pourrons pas céder à l'industrialisation grossière du vin qui ferait que, demain, il y aurait un vin Heineken, un vin Danone, un vin Coca‑Cola, un vin Pepsi‑Cola. J'ai pourtant le sentiment que c'est la tentation de la Commission qui se dit: liquidons les petits et libérons les gros. Je suis sûr que nous y perdrions notre âme!
C'est la raison pour laquelle je vous demande, Madame la Commissaire, de veiller à ce que tout ce qui fait la qualité du vin et tout ce qui peut faire progresser cette qualité – la réduction des rendements, les aides à la commercialisation, la protection sourcilleuse des indications géographiques et des appellations d'origine – soit préservé, non seulement à l'intérieur de l'Union mais également à l'extérieur, à l'occasion des grandes négociations commerciales multilatérales. Je crois que c'est absolument important, autrement nous perdrions sans doute un des éléments les plus importants de notre agriculture mais aussi de notre civilisation européenne: le vin est un produit de culture et de civilisation. C'est la raison pour laquelle on ne peut pas céder aux mirages du marché et de l'industrialisation. |