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Euromed

Béatrice Patrie (PSE) - le 13 novembre 2007

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je me réjouis également que le thème de l'immigration ait été choisi pour la prochaine réunion des ministres des affaires étrangères de la zone Euromed.


Je crois que, jusqu'ici, nous avons échoué à mettre en place une politique européenne de l'immigration. Nous savons que c'est une question difficile parce qu'elle touche à la souveraineté des États membres, qui souhaitent faire du principe de subsidiarité une application extrêmement stricte en la matière. Nous savons aussi que la question de l'immigration, ou des migrations, est une question contentieuse avec nos partenaires du Sud, qui nous reprochent souvent de l'aborder sous un aspect purement sécuritaire. Je remercie le commissaire Frattini d'avoir une approche beaucoup plus globale de cette question, qui inclut les dimensions économique et sociale des flux migratoires.

Immigration légale et illégale constituent les deux faces de la même médaille et il n'est pas possible de lutter contre l'immigration clandestine sans établir dans le même temps des voies légales d'immigration en Europe. Ainsi, je me réjouis du projet de carte bleue, pendant européen de la carte verte américaine, et que les canaux d'immigration légale préconisés par le Conseil prennent évidemment en compte les besoins économiques européens, mais également correspondent aux besoins réels des pays du Sud.

Concernant l'octroi de visas, je crois que l'Union doit faciliter leur obtention, tout particulièrement pour les étudiants, les chercheurs et les acteurs de la société civile. Je crois que les accords de réadmission, notamment avec l'Algérie et le Maroc, doivent veiller à ce que toute procédure de retour soit strictement encadrée par des mécanismes garantissant le respect du droit des migrants. Enfin, face à la nouvelle migration à laquelle nous sommes confrontés en provenance d'Afrique subsaharienne, je soutiens fermement l'idée que l'Europe ne doit pas utiliser le processus de Barcelone pour rejeter aux frontières de l'espace méditerranéen la gestion de flux qu'elle est incapable de traiter à ses frontières.

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