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Je replace le Conseil européen dans sa perspective historique: 2007-2010 qui, je pense, seront des années décisives, un peu comme 1954-1957, entre l'échec de la Communauté de défense et la relance du budget européen par le traité de Rome, dont nous fêtons le cinquantième anniversaire. De nombreux rendez-vous nous attendent: institutionnel, budgétaire, électoral, avec les élections européennes et peut-être des référendums, bilan de la Stratégie de Lisbonne, et même rendez-vous avec la politique agricole. Il faudra donc que, tous, nous nous attachions à convaincre et à entraîner les peuples le moment venu.
Les peuples vont entendre parler de concurrence, ils n'y sont pas opposés. Ils vont entendre parler de flexibilité de l'entreprise, ils n'y sont pas opposés dès lors que la sécurité du travailleur est assurée. Cela dit, je vous suggère un autre mot: harmonisation. Il a disparu de notre langage. Il figure dans le traité de Rome. Harmonisation environnementale, on y vient, on progresse. Harmonisation fiscale, elle est un peu en panne pour l'impôt sur les sociétés. Harmonisation sociale, elle est trop faible. Quoi qu'il en soit, je pense que la petite musique de l'harmonisation doit revenir tinter aux oreilles de nos concitoyens. De même, et comme beaucoup, j'aimerais que le Conseil incite la Commission à déposer un texte, une directive-cadre sur les services publics.
Il est quelque peu nécessaire de rééquilibrer le marché, même s'il est vrai que personne ici ne lui est opposé. Cela ne ferait que traduire le sens que Jacques Delors donnait à la construction européenne, en tout cas une de ses formules: la compétition qui stimule, la coopération qui renforce, mais la solidarité qui unit. |