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Trop souvent au Sud, les migrations sont synonymes de départ des citoyens les mieux formés, véritable hémorragie de compétence, privant ces pays de revenus et compromettant la fourniture et la qualité de services essentiels pourtant indispensables à leur développement réel.
Ne nous leurrons pas. Cet exode des cerveaux est encouragé par les politiques d'admission sélectives des migrants mises en place au Nord sous le nom de "migration choisie". Une "immigration choisie" au Nord est toujours synonyme "d'immigration subie" au Sud. Politiques qui reviennent dans les faits à refuser au Sud tout droit au développement.
A l'inverse de cette logique aux effets si néfastes, la philosophie générale et les mesures concrètes proposées dans ce rapport, telles que les migrations circulaires, substituent à la "fuite des cerveaux", la "circulation des cerveaux". C'est le concept d'immigration partagée: s'enrichir l'un, l'autre.
Il s'agit donc ici de promouvoir le codéveloppement, de le consacrer dans les textes européens, sans négliger son nécessaire financement. Reconnaître et soutenir ainsi le rôle des migrants au service du développement de leurs pays d'origine a réellement vocation à transformer les migrations en levier de développement et d'entraide entre les peuples.
C'est, je l'espère, cette solidarité indispensable qui dominera les échanges de la prochaine conférence euro-africaine de Rabat sur la migration et le développement, et non la vision exclusivement sécuritaire d'une Europe forteresse. Nous connaissons l'histoire des murs dressés dans l'illusion de se protéger de l'autre: ils ont toujours eu vocation à être franchi puis détruits. |