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Stratégie politique annuelle de la commission (budget 2007)

Catherine Guy-Quint (PSE) - le 17 mai 2006

Monsieur le Président, Madame la Commissaire, mes chers collègues, depuis ce matin, comme l'a dit le président Lewandowski, nous connaissons le cadre définitif des budgets européens pour sept ans. Depuis ce matin, nous sommes dès lors conscients de la nécessité pour le Parlement de rester modeste, voire humble, dans les propositions qu'il peut s'autoriser à formuler. Même si ce cadre en lui-même est nouveau, il y aura aussi une autre nouveauté, je l'espère, à savoir que ce sera un budget pour 27 États membres.


En tant que coordinatrice des socialistes, j'ai à cœur de défendre le respect des engagements que nous avons pris vis-à-vis des citoyens européens. En ce qui concerne nos priorités, elles resteront d'abord les politiques internes qui doivent soutenir les objectifs de Lisbonne, sans oublier l'environnement et le développement rural, seul gage d'équilibre de l'aménagement du territoire. Promouvoir la croissance durable et la création d'emplois dans l'Union implique que les États membres mettent en œuvre comme il convient la législation en vigueur et la législation proposée, mais aussi que nous proposions des objectifs plus ambitieux en la matière. 2007 devra également être l'année d'un renouveau dans la politique de communication avec les citoyens.

De la même façon, je plaide pour une approche équilibrée de la gestion des frontières extérieures de l'Union, car nous ne pouvons nous contenter d'une approche unilatérale et sécuritaire. Les politiques liées à l'immigration doivent trouver un contrepoids dans l'intégration des ressortissants des pays tiers et la solidarité dans la gestion des frontières. La sécurité tient également à la protection des libertés individuelles, ne l'oublions pas! Il nous faut donc développer les politiques en faveur des réfugiés. En matière de politique extérieure, nos mots d'ordre sont le développement, la démocratisation et les droits de l'homme, mais aussi le respect des objectifs du Millénaire, qui constituent une priorité absolue. L'Union doit se doter d'outils adéquats pour peser sur la scène mondiale.

Enfin, je me permets de me prononcer en faveur d'un cofinancement par la Banque européenne d'investissement de programmes cruciaux pour la concrétisation de la stratégie de Lisbonne et de celle de Göteborg. Il s'agit d'une bonne disposition. Je souhaite en revanche rappeler la nécessité de garantir un financement public suffisamment important pour créer les conditions de l'effet de levier attendu par la BEI. Les garanties d'emprunt et autres mesures équivalentes n'ont pas vocation à remplacer l'argent frais que seule l'Union peut garantir.

Je voudrais, Madame la Commissaire, vous dire que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt que la Commission tablait sur une accélération de la croissance européenne en 2006. Une croissance importante, puisqu'on prévoit 2,6 % d'augmentation. On peut lire dans vos communiqués que l'Europe serait à même de créer 3,6 millions d'emplois. Outre que ces prévisions restent fragiles, notamment à cause de la fluctuation qui prédomine sur les marchés pétroliers, pensez-vous que cette croissance suffise à doter l'Europe des moyens financiers nécessaires à son développement?

Enfin, pour conclure, je souhaite bonne chance à James Elles, qui doit essayer à son tour de conférer de l'ambition à ce budget, mais je pense qu'il lui sera difficile de trouver les moyens d'une politique ambitieuse attendue par les Européens dans un cadre budgétaire aussi rigide et étriqué.

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