|
Il faut s'y faire, c'est cela que les Français ont retenu d'une réunion de 25 chefs d'Etat et de gouvernement. Or ce pays gronde. En dix mois il a connu trois révoltes et nous aurions tort de ne pas voir de liens entre elles : la première s'est manifestée dans les urnes lors du référendum sur le traité constitutionnel, elle exprimait une forme d'hostilité au capitalisme financier et dévoreur d'aujourd'hui; la deuxième en automne dernier par l'émeute dans nos banlieues, elle exprimait une forme de révolte contre toutes formes de discriminations; la troisième en ce printemps par la grève et la manifestation, elle exprime une forme de révolte contre toutes les précarités dans le travail. Il faut savoir écouter cela. J'en déduis deux attentes, pour votre prochain Conseil plus que pour celui-ci. Quel que soit ce que vous avez fait le mois dernier, il y a une aspiration à laquelle il faut répondre, à savoir la confiance entre les Etats. Nos concitoyens ont senti que dans la période, le chacun pour soi grandit. La France doit en assumer sa part de responsabilité, parce qu'elle n'est pas étrangère à cela, mais elle n'est pas la seule. La confiance c'est "la foi ensemble", selon son origine latine. Il faut que la Commission comme le Conseil suivent ce chemin.
Un second aspect concerne la demande de protection et de sécurité sociale. D'une certaine façon, nos concitoyens craignent que l'Europe ne les protège pas assez. De ce point de vue, le Conseil européen a tout juste la moyenne. Il en faudrait un grandiose en juin prochain. |