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Education, pierre angulaire de la stratégie de Lisbonne

Guy Bono (PSE) - le 12 octobre 2005

Monsieur le Président, je souhaite tout d'abord vous rappeler brièvement le contexte dans lequel j'ai rédigé ce rapport, puis vous énoncer les six priorités qui m'ont guidé lors de l'élaboration de mon rapport, et enfin attirer votre attention sur six propositions clés qui figurent dans ce rapport.


Concernant le contexte, il faut rappeler que ce rapport a pour objet d'alerter le Conseil sur les retards pris par l'Union européenne dans la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne dans le domaine de l'éducation et de la formation. Comme vous le savez, mes chers collègues, le Conseil européen de printemps des 22 et 23 mars 2005 s'est fixé comme objectif de faire de l'espace européen de l'éducation et de la formation une réalité. Cependant, les États membres doivent passer des grandes déclarations aux mesures concrètes. Ce rapport définit donc des domaines d'action prioritaires.

Dans un très récent document de travail consacré aux progrès accomplis en direction de la réalisation des objectifs de Lisbonne dans les domaines de l'éducation et de la formation publié le 11 avril 2005, les services de la Commission ont analysé les performances de trente systèmes d'enseignement et de formation. Sur la base de l'analyse des données très précises disponibles dans ce document, je souhaite donc vous rappeler les six domaines prioritaires dans lesquels il me semble que les États membres doivent agir en urgence, si nous souhaitons que l'éducation ait toujours sa place au cœur du processus de Lisbonne.

Ces six priorités, que j'ai déjà d'ailleurs énoncées au sein de la commission de la culture et de l'éducation, sont les suivantes: diminuer le nombre élevé de jeunes quittant prématurément l'école; faire face au besoin d'un nombre suffisant de scientifiques; mettre en œuvre des stratégies d'éducation et de formation tout au long de la vie cohérentes et favorables à l'intégration sociale; attirer plus d'un million de personnes vers la profession d'enseignant au cours de la prochaine décennie; lutter contre le fait que la plupart des élèves de l'Union européenne n'atteignent pas l'objectif de maîtrise d'au moins deux langues étrangères et, enfin, renforcer la méthode ouverte de coordination et les échanges de bonnes pratiques dans le domaine de l'éducation et de la formation. Sur la base, donc, de ces six priorités et des remarques de mes collègues au sein de la commission de la culture, je souhaite à présent attirer votre attention sur six propositions qui figurent dans ce rapport.

Tout d'abord, dans le but de développer des compétences en harmonie avec les besoins de la société de la connaissance, il apparaît crucial, pour les États membres, de prendre rapidement des initiatives pour, d'une part, accélérer la mobilité des étudiants, des stagiaires, des travailleurs et de leur famille, des chercheurs et, d'autre part, développer des politiques d'inclusion sociale pour les jeunes défavorisés frappés par la pauvreté.

En second lieu, ce rapport invite la Commission et les États membres à encourager l'orientation des jeunes vers des filières techniques porteuses d'emploi et d'intégration. À ce titre, il me semble utile que nous proposions que l'Union européenne lance une campagne de communication visant à promouvoir auprès des jeunes des filières techniques d'excellence afin de remédier à leur image sociale souvent négative.

Troisièmement, le rapport souligne la nécessité que notre Parlement rappelle son soutien à l'initiative d'un projet pilote visant à l'élaboration d'un programme de type Erasmus pour les apprentis, afin de faciliter l'accès des apprentis aux programmes communautaires d'éducation et de formation dits de "nouvelle génération".

Quatrièmement, dans le cadre du débat budgétaire, il me semble utile de rappeler aussi le besoin pour l'Union européenne de garantir des modes de financement suffisants pour le nouveau programme d'action intégrée dans le domaine de l'éducation et de la formation tout au long de la vie. Il faut également veiller à ce que le Fonds social européen puisse continuer à être disponible après 2006 dans tous les États membres de l'Union européenne.

Cinquièmement, le rapport demande au Conseil de prévoir une dotation budgétaire adéquate, dans le cadre des prochaines perspectives financières, de toutes les actions qui portent sur l'éducation et la formation tout au long de la vie dont dépendra largement la réalisation des objectifs.

Enfin, sixièmement, ce rapport alerte les États membres sur la nécessité de mettre en œuvre sans tarder des politiques nationales de formation plus cohérentes visant à améliorer les conditions d'accès des chercheurs d'emploi et des travailleurs.

Pour conclure, mes chers collègues, nous sommes, je pense, à un moment crucial pour l'Union européenne. Les récents événements politiques nous alertent sur le besoin de placer l'éducation des citoyens et la lutte contre le chômage au centre de toutes les politiques publiques. Or, nous n'aurons pas d'économie compétitive si nous n'avons pas un système d'éducation et de formation adéquat et compétitif. Par ailleurs, et je le dis clairement autant à vous qu'à nos collègues de la Commission et du Conseil, tant qu'un budget conséquent ne sera pas alloué à l'éducation au niveau européen, il n'y aura pas de véritable avènement d'une citoyenneté européenne et il sera toujours aussi difficile de se mettre d'accord sur un projet politique commun à mener ensemble à vingt-cinq.

Chers collègues, je compte donc sur votre soutien pour que nous puissions envoyer un signal fort aux États membres pour qu'ils replacent d'urgence l'éducation au cœur de la stratégie de Lisbonne.

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