Les élections européennes : mode d'emploi
Les 732 Eurodéputés sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin proportionnel de liste (soit au niveau régional, soit à l'échelle nationale, soit dans le cadre d'un système mixte). Avec les adhésions de la Bulgarie et de la Roumanie, prévues pour 2007, ce nombre passera en cours de législature à 786. Chaque pays élit un nombre de députés à peu près proportionnel à sa population, mais le critère démographique n'est que partiellement pris en compte, dans la mesure où les petits pays ont droit à un minimum de 6 élus. Avec la création de 8 grandes circonscriptions régionales et l'abandon de la circonscription nationale unique, la France a fait le choix de la proximité entre ses 78 Eurodéputés et les citoyens.
|
 |
| Répartition des sièges au Parlement européen |
 |
Plus ça change et plus c'est la même chose ?
Dans l'hémicycle, les Députés ne siègent pas au sein de délégations nationales, mais dans des groupes politiques. Aujourd'hui, le Parlement européen compte 7 groupes politiques, ainsi que des Députés "non-inscrits". Comme dans la précédente législature, les deux principaux groupes politiques sont le PPE-DE (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens), au sein duquel siègent les 17 Eurodéputés UMP, avec 268 députés, et le PSE (groupe socialiste), qui compte 202 Députés, dont 31 Français (la Délégation socialiste française est devenue la première Délégation nationale de ce groupe suite aux dernières élections).
Accéder aux sites des groupes politiques du Parlement européen
Une stratégie à construire
Pourtant, malgré cette domination de la droite, nous, socialistes européens, avons des atouts en main ! Aucun des deux grands groupes ne détient la majorité absolue requise pour adopter les textes législatifs (moitié des voix de l'assemblée -et non moitié des voix des présents- plus une), soit 367 sur 732. A nous de savoir utiliser les marges de manoeuvre que nous offre cette situation en concevant des stratégies qui nous permettent de rallier les voix nécessaires à nos victoires. Dans le bras de fer qui a opposé José Manuel Barroso au Parlement, et dont le cas de l'italien homophobe Rocco Buttiglione a été le symbole, nous avons ainsi su nous allier avec les autres groupes de la gauche et du centre pour mettre en minorité le PPE, ce qui a contraint José Manuel Barroso à reculer...
Economique et social : de rudes batailles en perspectives !
En revanche, ne nous voilons pas la face : plus que sur les sujets liés au libertés fondamentales et aux droits de la personne, sur lesquels nous resteront bien sûr vigilants et pourrons compter sur le soutien d'autres groupes pour contrer les projets de la droite européenne, c'est sur les questions économiques et sociales que nous aurons les difficultés les plus importantes à faire prévaloir notre vision des choses : les débats sur la "directive services", la réforme du pacte de stabilité, les services d'intérêt général, les droits des consommateurs, le budget de l'Union européenne seront notamment au centre de nos batailles politiques.
Une urgence : répondre au défi démocratique...
Enfin, il nous appartiendra, en tant que députés européens socialistes, de redonner sens et visibilité à la politique européenne. Avec un taux d'abstention autour de 45% et une inquiétante montée du vote en faveur de formation antieuropéennes, souverainistes ou populistes comme le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni -UKIP, le scrutin européen de juin dernier a démontré une fois encore, s'il en était besoin, la nécessité de parler d'Europe plus qu'une fois tous les cinq ans à l'occasion des élections. Je suis convaincue que le meilleur moyen de faire reculer abstention et populisme sera justement de faire progresser nos idées en matière d'Europe sociale
Informations complémentaires :
http://www.europarl.ep.ec/presentation/default_fr.htm